Lumière à plasma moléculaire, ou un grain de soleil dans une ampoule
La semaine dernière, lors de mon passage à Genève pour le tournage du clip de Lulúxpo, nous avons eu l’honneur de voir la présentation d’un nouveau type de lampe et de lumière, par Laurent Calame (CEO de Lumartix) en personne. Nous étions 3 chefs opérateurs (P. Montjovent, à qui l’on doit la démo, G. Bindschendler, et moi-même), à admirer cette lumière et la technologie associée.
Lumartix a développé une technologie basée sur une lampe à plasma moléculaire, permettant de recréer une lumière dont le spectre lumineux est proche de la lumière solaire (CRI de 95 à 98%), et ce, avec un rendement 7 fois supérieur à une lampe halogène (dans le cas d’une lumière cinéma, avec un CRI proche de 98, le rendement sera quasi équivalent à une ampoule HMI en milieu de vie, soit environ 100 lumen/W). Pour information, une ampoule HMI possède un CRI de 92 à 94 en début de vie, et ce dernier varie en suite tout au long de la vie de l’ampoule avec des dominantes non maîtrisées du fait de l’usure des électrodes.
Le prototype, Lumixo, pour l’instant encore un peu encombrant, s’alimente par une simple prise 220V. Son ballast (léger) peu-être déporté aisément à plusieurs dizaines de mètres. Une ampoule de verre étanche, sans aucune électrode, renferme un mélange de composés chimiques (dont Lumartix garde bien le secret) qui une fois excité par des micro-ondes crée cette lumière idyllique. D’une puissance de 1400 W, elle peut être réduite, de façon électronique, de 50% environ sans aucune variation de température de couleur.
L’ensemble ballast + lampe
L’ampoule que nous avons vue était étalonnée à 5360ºK (si l’on en croit la balance automatique de la caméra RED One dont nous disposions, faute d’avoir un thermocolorimètre), et Laurent Calame nous a affirmé disposer aujourd’hui d’ampoules étalonnées à 3400ºK, 5600ºK et bien d’autres encore…
L’ampoule en phase de refroidissement
La durée de vie des lampes est donnée pour 30 à 40 000 heures, sans dérive de rendu de couleur, ni de puissance ! Autant dire le rêve comparé à une lampe HMI (d’autant que ces dernières n’ont pas une colorimétrie fixe dans le temps). Cerise sur le gâteau, aucun scintillement ne semble visible, la variation de l’obturateur de la RED du 1/25eme au 1/1000ème n’a rien permis de révéler.
Il faudrait évidemment faire des tests plus poussés, mais de ce que nous avons vu en phase de prototype, il semblerait qu’un nouveau type de lumière de cinéma pointe à l’horizon…
[ MAJ au 16.11.2010 ]
STORM… enfin un outil pour le workflow RED
Il est indéniable que nous utilisons de plus en plus les caméras RED en tournage. Jusqu’ici, j’ai toujours trouvé que les outils fournis par RED pour le développement des fichiers R3D n’étaient pas très réussis et peu plaisants à utiliser. Les possibilités offertes par le tout dernier RedCine-X sont certes intéressantes, mais l’interface est, à mon goût, contre-productive.
Je savais depuis l’IBC que The Foundry nous préparait quelque chose d’assez fabuleux pour gérer le workflow R3D… mais ils sont finalement allés bien plus loin que mes espérances et nous offre aujourd’hui STORM en version beta ! Accrochez-vous, ça décoiffe !
Storm v1.0 beta 1 by The Foundry
STORM est un outil complet de gestion du workflow R3D et de ses métadonnées (très pratique on-set pour les data wrangler). Mais c’est aussi un outil de pré-étalonnage et de création de look très abouti. Le programme dispose d’outils de contrôle, parade et histogramme, d’une timeline, de bibliothèque de looks (personnalisables) et d’outils de gestion de couleurs aboutis. Les marqueurs disponibles pour les métadonnées sont fournis en quantité et personnalisables.
Vérifier ou annoter un rush devient alors un jeu d’enfant, ce qui pourra se révéler très utile en post-production (pour les VFX notamment). Il vous permettra de travailler rapidement un look et montrer ainsi, directement au réalisateur les directions retenues au réalisateur, sur le set ou en fin de journée. Bref un programme bluffant, rapide et intuitif, que j’attendais depuis longtemps sur Mac pour gérer le workflow R3D !
Cerise sur le gâteau, Storm gère la RedRocket, pour des previews 4K temps réel… bref, un régal !
Je vous laisse découvrir plus en détail l’ensemble des fonctionnalités offertes par STORM, en cliquant ici.
Et pour l’accès direct au programme Beta de Storm offert par The Foundry, c’est ici !
Une fois la période d’essai terminée, STORM sera disponible au prix de $375 ou £250.
[MAJ] La fonction R3D Trim, qui permet de réduire un fichier R3D en retenant uniquement la section utilisée (In/Out) est disponible depuis STORM v1.0 beta 7
iPhone… un outil quotidien pour DoP ?
Je me rappelle mon dernier long métrage en tant que gaffer au Maroc, l’iPhone n’était pas encore sorti, c’était durant l’été 2008. Pendant les repérages, boussole, appareil photo, carnet de notes et table d’azimut permettaient de dresser l’ensemble des documents et références donc nous aurions besoin pendant le tournage… quelques mois plus tard, j’avais moi aussi ce nouveau “téléphone” en main, et je n’aurais pas cru que quelques années plus tard il aurait supplanté nombre de ces outils que j’avais l’habitude d’utiliser…. tout en rendant mon sac plus léger !
Je ne suis pourtant pas de l’école du “tout numérique” à tout prix, la pellicule et l’argentique ont encore de beaux jours devant eux selon moi, mais une transition s’opère, et des outils qui nous rendent bien des services voient de plus en plus le jour… alors, pourquoi s’en priver ?
Il va de soit que si je devais partir dans des endroits reculés, sans réseau accessible facilement, les anciens outils reprendraient leurs places dans mon sac !
Demeurent aujourd’hui sur moi: Cellule, viseur de champ, iPhone, verre de contraste… et un bloc note; car il n’y a quand même pas plus rapide pour transmettre ou partager des informations avec le reste de l’équipe !
Voici donc une liste des applications que j’utilise régulièrement en repérage et en prépa, et ensuite la liste des outils qui me servent pendant le tournage en tant que Directeur Photo.
En repérage et en prépa,
• Google docs, impossible de m’en passer. Je fais depuis un peu plus de 2 ans la totalité de mes listes lumière, les échanges de scénarii, mémo, etc. avec les prods, loueurs, équipes, etc. C’est un outil simple, qui remplit à 99% mes besoins, et le contenu est consultable en permanence sur mon téléphone.
• Air Sharing Pro, me permet de “relier” mon téléphone avec n’importe quel ordinateur en WiFi. Je l’utilise pour rassembler mes documents PDFs relatifs aux tournages. J’inclus note de frais, titres de transport, scénarios, plan de travail, copie des listes lumières/matériel, etc.
• pCam, célèbre application développée par le 1er assistant caméra David Eubank. Existant depuis 1998 sur Palm, elle fournit quelques outils très pratiques. Équivalence d’optiques, calcul de profondeur de champ, angle de champ, calcul de compensation d’exposition, correction de couleur et filtres, Siemens star pour la mise au point (très pratique), et plein d’autres choses encore !
• My Measure, permet d’annoter des images (prise avec l’appareil photo de l’iPhone ou autre) et d’insérer des lignes de cote. Astucieux, simple et pratique pour les repérages.
• Gel Swatch Library, utile pour trouver des équivalences ou rechercher des gélatines entre fabricants. Se faire une idée et avoir les valeurs d’absorption, comparer les spectres de rendus de 2 gélatines. J’utilise le plus souvent cette application chez les loueurs, lorsque je cherche des équivalences ou autre, ça ne remplacera jamais mes nuanciers Lee et Rosco, mais ça facilite la tâche !
• Scanner Pro, pour numériser les notes de frais et autres documents que l’on ne souhaite pas transporter ou perdre… ou pour numériser des notes à envoyer par email.
• Magic Hour, me permet de connaitre l’éphéméride localement et dans d’autres pays à une date donnée. S’ajoute les prochains quartiers, pleine et nouvelle lune pour la période en cours. L’application donne aussi les heures d’aube/levé/couché/crépuscule nautique et terrestre pour le soleil et la lune, bref très complète.
• FocalWare / Helios, pour connaitre l’élévation du soleil/lune et le ratio des ombres à un jour, une heure et une position donnée. Les deux utilisent la boussole pour indiquer la position du soleil. Helios possède en plus une intégration de la carte Google maps par-dessus laquelle il inscrit la course du soleil. On peut ainsi prévoir si un bâtiment sera dans l’axe ou si un autre pourra servir de réflecteur à une heure donnée. Cela n’empêche pas un repérage, mais permet de gagner du temps.
En tournage,
• Weather Pro, car en tournage c’est le moment où l’on se transforme en météorologiste ! Les prévisions sont relativement fiables, et sur de longues durées. Attention, ça reste des approximations mathématiques et de l’interprétation donc…
• pCam, notamment pour la mire de point
• FocalWare / Helios, cette fois ce n’est plus pour calculer la trajectoire du soleil en amont d’un tournage, mais lorsqu’il y a des changements de dernière minute dans le plan de tournage et pour m’assurer que je pourrais effectivement obtenir la lumière voulue au moment de la prise… à la météo près !
• Hipstamatic, uniquement car j’aime le look unique que donne cette application à vos photos et puis c’est tellement chouette de ramener des souvenirs de tournage !
Adrien de Van / Le Lac Noir, production Imagina Studio
Et vous, quelles applications utilisez-vous quotidiennement pour la prépa ou pendant les tournages ?
Découverte de la nouvelle Sony PWM-F3…
Suite à une demande que j’avais faite au mois de décembre auprès de Visuals Switzerland pour un test de la nouvelle caméra Sony PWM-F3, j’ai reçu un appel ce lundi de Luc Buchet pour une démo/test. Un des deux prototypes présents en Europe est chez eux pour 2 jours, rendez-vous est donc pris pour une présentation de la caméra en leurs locaux. Présentation compagnie de quelques autres chefs opérateur et sous la direction Charly Huser. Un test plus approfondi, en condition réelle, s’en suivra probablement vers mars/avril, une fois la caméra disponible et livrée par Sony dans sa version finale.

À la découverte de la caméra, deux choses surprennent, sa taille et son rendu. À ne pas s’y tromper, Sony a enfin répondu avec un produit attendu, une convergence des DSLR et des caméras HD / Cinedigital.
Livrée avec une monture PL (PWM-F3L) et Sony en standard; un capteur format S-35mm; sorties HD-SDI 3G (dispo sur option d’ici avril), et sortie HD-SDI 10 bits 422 en standard pour un enregistrement/monitoring externe. Pour le reste, la Sony PWM-F3 a tout d’une XDCAM EX, on y retrouve la même structure pour les menus, les 2 ports SxS pour l’enregistrement, etc. D’autres sorties sont aussi présentes, HDMI, TC In/Out, Genlock, bref le rêve !

Coté optique, Sony a décidé d’intégrer la gestion d’échange de donnée avec les optiques, Arri LDS et Cooke /i Technology sont donc pleinement supportées par la caméra. Je n’ai par contre pas eu d’informations sur la manière dont les metadatas seront enregistrées et comment seront-elles accessibles en post-prod ?Outre la monture PL, Sony parie sur une monture propriétaire qui supportera une série d’optique et de zooms directement pilotables via la caméra… encore un nouveau standard, reste à savoir qui fabriquera les optiques de Sony, Fujinon ou Zeiss…
Pour la présentation, les optiques utilisées étaient des Arri UltraPrime et le rendu de la caméra est vraiment bluffant. Annoncé avec un capteur ayant une sensibilité nominale de 800 ISO environ avec 12 diaph de latitude. Les tests effectués avec un gain de 12 dB montrent de très bons résultats.

Sur charte HD, la finesse et le rendu sont aussi très prometteurs pour une caméra (encore à l’état de prototype) dans cette gamme de prix. Somme toute une très bonne surprise, inattendu pour ma part, en provenance de chez Sony !
Voici le lien vers la brochure Sony PWM-F3L (en anglais).

Durant cet après-midi nous avons pu aussi découvrir un enregistreur numérique, le Nano Flash fabriqué par Convergent Design. Concurrent direct de l’AJA KiPro Mini (j’avais utilisé un AJA KiPro lors de mon précédent tournage Tissot avec satisfaction). La grosse différence se situe dans le codec utilisé. MPEG-2 Long GOP (sur la base du codec XDCam HD 422 avec un débit variable de 18 à 280 Mbps) pour le Nano Flash et ProRes pour l’AJA. L’enregistrement s’effectue sur carte Compact Flash, et à la vu des images enregistrées et restituées sur un moniteur full HD, l’encodage de ce petit boitier tient ses promesses ! Point intéressant, Convergent Design a eu la bonne idée d’utilisé le bit d’enregistrement véhiculé par la liaison HD-SDI de la caméra, ainsi, lorsque l’on déclenche l’enregistrement sur la caméra l’enregistreur se met automatiquement en route, pas d’oubli possible, les 1er AC vont adorer !

Je vous laisse découvrir la documentation complète ici.
Je tiens à remercier Visuals Switzerland pour son accueil en ses locaux, Luc Buchet, Ejaz et notamment Charlie Husler pour leurs disponibilités et les réponses apportées lors de cette présentation.
En prime, le film “Convergences”, premier court métrage à avoir utilisé la PMW-F3. La caméra était un prototype prété par Sony pour deux jours de tests.
Convergence - Short Film shot on Sony PMW-F3 réalisé par Martin Scanlan et photographié par Steve Lawes.
Le cinéma 3D relief, oui… mais comment et pourquoi faire ?
Jusqu’à très récemment je dois dire que j’étais peu convaincu par les projections en 3D relief, surtout face à la déferlante des studios américains. Déçu pour des questions d’immersion 3D, puisque tel est le sujet, et par le rendu final des films.
J’étais donc jusqu’à présent assez réfractaire au relief. Depuis le début du XXe siècle que le cinéma relief existe, il n’a jamais réussi à vraiment s’imposer dans les salles. Certes, Avatar a remis en selle ce format sans pour autant céder à la facilité, une nouveauté, et propose une immersion réussie dans l’univers du film, plutôt qu’un enchainement de projectiles bondissants vers les spectateurs.
Erreur que je trouve systématique en relief, l’inadéquations de l’écriture et sa mise en relief; souvent inadapté, trop infantile, trop facile.
La 3D ne devrait-elle pas être là pour nous immerger un peu plus dans l’histoire au lieu que nous en sortir finalement, et ne rien apporter de plus ?
Heureusement j’ai été surpris; bien au-delà de mes espérances. Le dernier film de Win Wenders, «Pina, Dance, dance, otherwise we are lost», est une oeuvre majeure qui marquera surement d’une pierre l’utilisation du relief au cinéma. Certes, il ne s’agissait pas d’une fiction conventionnelle, mais d’un film/docu, hommage, basé sur le travail de Pina Bausch et de sa troupe du Tanztheater du Wuppertal. L’immersion y est totale, justement dosée, le relief nous place à proximité des danseurs pour un spectacle et un hommage individuel à la mémoire de Pina Bausch.
© Hanway Films
La présence des corps en mouvement est incroyable, et on ne pouvait imaginer meilleur moyen technique pour restituer la splendeur des chorégraphies conçues et imaginées par Pina Bausch en collaboration avec les membres de sa troupe.
© Hanway Films
Les mouvements de la caméra accompagnent les danseurs dans ce ballet incessant. Filmé entièrement en HD avec des caméras possédant un capteur 2/3” (Sony HDC1500 et Sony HDC-P1 pour les plans au Steadycam), en courte focale, la profondeur de champ n’est plus aussi réduite qu’elle l’aurait été en 35mm. Et c’est la toute la différence, la faible profondeur de champ apporté par les grands capteurs (RED One, F35, F3, Alexa, etc.) et le 35mm n’est plus aussi présente ici.
Selon moi, la séparation des plans amenés par une faible profondeur de champ est utile en 2D, mais plus en relief. C’est un artifice qui nous permet de séparer les plans et recréer la profondeur qui nous manque tant sur le support de projection 2D qu’est l’écran. Le fait de revenir, en projection relief, à de plus grandes profondeurs de champ nous rapproche de notre vision, et l’effet est alors plus fin, plus subtil, saisissant de réalisme et ça marche ! Une réelle proximité s’installe alors entre spectateur et danseur.
© Hanway Films
Photographié par Hélène Louvart, ASC, le film a été tourné avec des optiques DigiPrimes 10mm, 14mm et 20mm suite à des tests poussés. Le stéréographe du film, personne essentielle au bon déroulement du tournage d’un film en relief, n’est autre que Alain Derobe, ASC/UP3D, pionnier du cinéma en relief en Europe. Je vous invite d’ailleurs à visiter son site, riche en renseignements sur la captation et le tournage en relief.
© Hanway Films
Win Wenders nous livre sur son site une série de questions/réponses sur le tournage et la préparation du film, c’est ici (en anglais uniquement).
Bande annonce du film Pina by Wim Wenders
Pour conclure, il est clair que le relief à un avenir; encore faut-il que l’écriture, et la mise en image soient parfaites pour immerger le spectateur dans le film et l’histoire avec subtilité et habileté…
Le site officiel du film, http://www.pina-film.de/en/, en anglais et allemand.
Informations utiles sur les caméras et enregistreurs numériques
Guillaume Quilichini, via cinematographie.info, regroupe et partage des informations pratiques en provenance de diverses sources. Je fais ici un récapitulatif de l’ensemble de ces documents qui peuvent nous faire gagner un temps précieux en prépa.
Tableau comparatif des caméras numériques, via Fletcher,

Tableau comparatif des enregistreurs numériques embarqués, via AbelCine Tech,

Et la base de donnée des objectifs (Motion picture lenses database), initiative de Richard Bradbury (1st AC), en perpétuelle évolution et présenté sous la forme d’un document Google.
Ballons éclairants et fond vert grand format
L’un de mes derniers plateaux nécessitait entre autres un set sur fond vert occupant 100m2 au sol et sur une hauteur de 4m. Le temps imparti pour le pré-light était limité à 1/2 journée, pour deux plateaux, et serait suivi de deux jours de tournage, soit une durée de mise en place assez courte, qui plus est avec une équipe réduite.
Cette partie du tournage aurait lieu dans le studio Lumière 1 des Studios Rhône-Alpe Cinéma. Certes, le grill y est pratique, mais équiper un plafond de space-lights prendrait trop de temps ou nécessiterait une équipe plus importante que la production ne m’aurait pas accordée. J’ai donc choisi d’utiliser une solution par ballon éclairant Airstar.
J’avais, grâce à David Mohen, eu droit à une présentation de leurs produits à Champ-Près-Froges (lieu de leur siège social), il y a quelque mois de ça. J’avais gardé en tête que leurs solutions conviendraient pour éclairer ce type de set: lumière douce et diffuse, large, nécessitant une installation rapide avec une équipe réduite. Bingo !

J’ai eu recourt à Christine Janeau pour obtenir les tableaux photométriques de leurs différents produits, et j’ai opté pour deux Tubes Hybrides d’une puissance de 6,4kW chacun (composé de 4kW tungstène et 2,4 kW HMI). Ils mesurent 5,2m de long pour un diamètre de 1,8m et délivrent 38 fc environ à 6m de haut. Le premier sera placé à 4m de distance du fond et à une hauteur de 6m, et le second à 11m du fond et une hauteur de 7-8m, limitant ainsi la puissance du flux au sol et conserver ainsi un fond vert bien exposé. Le tournage s’effectuerait avec une caméra RED Epic et je devrais pouvoir tourner, d’après mes calculs, à un diaph de 8 à 25 img/s avec une sensibilité réglée à 640 ISO.
Après une mise en place rapide avec mon chef electro et le technicien d’Airstar, le montage des deux tubes pris environ 2h et 30 minutes supplémentaire pour suspendre les ballons (pas de gonflage à l’hélium pour cette configuration).
Une fois le fond vert déplié totalement et cellule en main, j’ai parcouru la totalité de la surface utile pour vérifier les variations d’intensité de lumière reçue par le fond vert; parfait, au maximum 1/2 diaph dans les extrêmes des tubes (qui ne sera pas utilisé) et 1/3 de diaph entre les deux ballons.
Après allumage de l’Epic, tout semble parfait, le 1/3 de diaph est visible sur l’écran de l’Epic. Notre superviseur des effets, Thomas Larroca, validera le résultat une fois le pré-light terminé.

Nous tournerons effectivement avec un diaph de 8 et aurons un fond vert parfaitement exposé. Le 6kW HMI placé à droite du plateau est là pour donner une direction lumière aux images. Il est corrigé par 1/4 CTS afin de le réchauffer légèrement, et 1/8 de minus green pour compenser la dérive de la lampe. Le tout sera équilibré avec le côté hybride HMI/Tungstène des ballons éclairants.

Le pré-light des deux plateaux fût terminé dans les temps avec un résultat parfaitement conforme à mes attentes ainsi qu’à celle du client.